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Comprendre pourquoi la mort d’un animal peut plus nous toucher que celle d’un humain

Internet révèle, pour le meilleur comme pour le pire, le comportement humain quel qu’il soit. Si le décès d’un enfant fait très vite le buzz sur la Toile (ex : l’affaire Maëlis) tant c’est un évènement tragique, aussi curieux que cela puisse paraître, la mort d’un animal fait parfois de même. La mort de l’animal suscite alors l’empathie massive des internautes qui n’hésitent pas à faire part de leur peine via les réseaux sociaux par exemple.

Le cas du Lion Cecil, revue par Yves Alphé

Pour rappel, la mort du lion Cecil en 2015 avait suscité l’indignation de nombreux internautes. En effet, son décès précédé d’une longue agonie (10 heures) est le résultat d’un riche dentiste braconnier américain. Cet évènement avait eu lieu dans l’un des parcs nationaux du Zimbabwe, rappelle Yves Alphé. Un évènement tragique qui a même donné lieu à une enquête par le docteur Andrew Loveridge.  En effet, si la polémique datant déjà d’il y a quelques années est retombée, la parution de l’enquête concernée pourrait bien refaire surgir l’indignation des internautes quant au décès de l’animal.

Animal, humain et innocence

L’imaginaire collectif veut que prioriser la mort d’un animal par rapport à celle d’un adulte (sauf s’il s’agit d’un proche bien entendu) est due à un fait précis : celui selon lequel l’animal dispose de l’innocence contrairement à l’être humain. C’est d’ailleurs pour cela qu’une relation de confiance s’instaure très rapidement lorsqu’un humain adopte un animal de compagnie (explications plus bas par Yves Alphé) ; il n’y a donc pas de notion de trahison sous-jacente.

On a donc affaire à une empathie naturelle face à la mort d’un animal comme le deuil que l’on fait d’un être humain. Cependant, si l’on arrive à hiérarchiser l’espèce humaine, on le fait aussi avec les animaux

Une hiérarchie sous-jacente

Si la mort d’un animal emblématique ou attirant comme un lion ou, plus récemment, un panda nous affecte parfois, il n’en est pas de même pour tous les animaux. On est en effet rarement ému du décès d’un insecte, indique Yves Alphé. Pire encore, nous sommes souvent à l’origine de leur mort en les écrasant par peur ou par dégoût.

Le rôle de la culture, rappels par Yves Alphé

Cependant, cette hiérarchisation varie en réalité beaucoup selon les cultures : si chez nous la mort d’un requin émeut peu (celui-ci étant considéré comme dangereux et mortel), dans d’autres cultures c’est un animal vénéré. Il en est de même pour le rat, considéré souvent comme nuisible mais parfois comme extrêmement intelligent.

Intervention de la religion

Outre la culture, la religion entre aussi en ligne de compte, indique Yves Alphé. En effet, dans le bouddhisme par exemple l’on considère l’animal comme un contenant de l’âme humaine. Son décès est donc perçu comme une tragédie et l’animal est vénéré en conséquence.

Historiquement parlant, les égyptiens considéraient les Dieux comme mi-humains, mi-animaux. C’est la religion monothéiste majoritaire aujourd’hui qui a largement diminué ces croyances et minoré le décès de certains animaux.

Le cas des animaux domestiques

L’un des deuils animaliers le plus douloureux reste celui de l’animal domestique. En effet, quel qu’il soit (chat, chien, furet…), il fait véritablement partie du foyer. A ce sujet, la loi française de 2014 fait que l’animal n’est plus considéré comme un « meuble ». Une loi tardive qui rend nos compagnons plus attachants et sensibles. Le deuil en est donc difficile, même si l’on sait que l’animal ne nous, en théorie, survivra pas, leur espérance de vie étant beaucoup plus faible que celle d’un humain.

Yves Alphé  propose à ce sujet un article sur le décès animalier et comment l’expliquer à un enfant. Si le sujet vous concerne ou vous intéresse, nous vous invitons à aller consulter cet article.